Miss Peregrine et les enfants particuliers - De la Magie retrouvée



Ce n'est pas encore l'heure de la réinvention du style de Burton mais Miss Peregrine se place tout de même en haut du panier. La déception est cependant présente quand on voit à quel point cette histoire était faite pour le réalisateur. C'est un peu triste qu'un film prônant autant la différence se révèle aussi classique. Les inspirations sont empruntées de toute part des X-men à Harry Potter en passant par des méchants copie carbone du Slender-Man (bien que voir un mythe d'Internet inspirer les réalisateurs ça a quelque chose de bon). Burton a largement les ressources pour transcender le tout mais ne va jamais chercher plus loin, dommage.

Le rôle de leader échoue à Asa Butterfield qui est peut être le héros le plus ennuyeux de cette année. Aucune émotion ne transparaît de son jeu et alors qu'on attend ne serait-ce qu'un peu d’émerveillement face aux situations qu'il rencontre on est jamais récompensé. Le bonhomme invisible du film arrive à être plus expressif, c'est dire. Du côté des enfants pas grand chose de particulier (#lol), chacun se contentant de remplir une fonction : le love-interest, la fille timide, le connard qui a un cœur en fait...

Heureusement que les adultes sont là pour mener le jeu un peu plus haut. Eva Green continue d'être la saint patronne des films moyens orientés Young Adults. Et comme souvent elle est la meilleur partie de ceux-ci. Elle arrive à transmettre toute cette part de mystère qu'on attend de Miss Peregrine. Elle a un jeu en décalage par rapport au registre convenu des autres acteurs et c'est plus que bienvenu. De l'autre côté, on a un Samuel L. Jackson en roue libre donnant une performance de méchant qui vaut la place de cinéma à elle seule. Il est parfait en méchant ridicule juste assez flippant pour être crédible. Seulement le film a aussi besoin qu'il soit stupide dans un 3ème acte un peu horrible qui enlève toute notion de danger et donc d'enjeux. Encore une fois, c'est dommage.

Néanmoins je ne vais pas renier mon plaisir. C'est quelque peu triste à dire mais cette année, un blockbuster avec une histoire ficelé ça suffit à mon bonheur. Malgré tout le classicisme que je lui reproche Miss Peregrine s'écarte à quelques moments de ce qu'on attend de lui pour délivrer des moments enchanteurs parmi les plus appréciable de la filmographie de Burton. Que ce soit ces scènes d'horreur dans les marais au début, les quelques moments où Ella Purnell s'envole à cause de sa particularité dans une grâce certaine ou encore les quelques scènes en stop motion rendant un hommage vibrant à Harryhausen (https://www.youtube.com/watch?v=pF_Fi7x93PY). Je retrouve le charme d'un Edward au mains d'argents. Et c'est plus qu'il n'en faut pour recommander ce visionnage.

(Je n'ai toujours pas compris leur système de voyage dans le temps. Je crois que c'est juste un élément qui n'a pas de sens dans le film et qui demande beaucoup de suspension de l'incrédulité).

Arnaud

Captain America : Civil War - L'art du comic-book



(2-3 légers spoilers par-ci, par-là)

Un putain de spectacle. Cette année prouve l'habilité de Marvel à frapper juste et j'ai pour ma part été entièrement satisfait. L'histoire n'a presque rien à voir avec le comic et honnêtement tant mieux, parce qu'il faut arrêter de voir en Civil War un événement marquant de Marvel (pourquoi adapte-t-on autant d'histoires de Millar? C'est vraiment loin d'être le meilleur en activité... menfin je m'égare). Le film transcende ce qu'il y avait de bon dans le comic, c'est à dire le conflit fraternel entre, avant tout, Iron Man et Captain America. Ce même Captain peut sembler quelque peu en retrait dans son propre film mais ce serait oublier qu'il est le vrai élément moteur du métrage, prêt à soutenir son camarade Bucky, quitte à agir égoïstement.

Le film arrive à donner un arc narratif à nombre de ses personnages, seul sont laissés pour compte Ant-Man et Hawkeye, sans réels développements. J'ai réellement apprécié cette idée comme quoi, il n'y a pas de personne en tort, on comprend les motivations de chacun et on aimerait qu'ils arrêtent de se battre. Black Panther fait une apparition des plus fracassantes et je suis plus qu'impatient de voir Chadwick Boseman dans son propre film.

Les scènes d'action ont une évolution vraiment intéressante. La première séquence est brutale et très proche des combats avec son lot de caméras portées et donc de shaky-cams. On est dans un rappel des scènes du Winter Soldier. Reste qu'on est néanmoins jamais désorienté dans l'action et voir du brawl dans un film de super-héros moi ça me plaît.
On a ensuite le droit à un combat dans un escalier qui a une forte connotation The Raid et est chorégraphié avec maîtrise. Mais la scène qui fera évidemment parler d'elle, c'est bien sûr ce combat orchestral dans l'aéroport. La meilleure scène d'action dans un film de super-héros à ce jour. On peut déplorer l'absence de plans larges pour situer exactement l'action mais je peux largement me contenter des différents 1v1 auxquels j'ai eu le droit. Spider Man est pas loin d'être le meilleur à l'écran à ce jour (on a déjà eu 3 Spider Man, que le temps passe vite...) et brille durant toute cette scène.
Reste le combat de fin, d'une brutalité rare, mais pas inexpliquée (take that BvS). J'ai vraiment été impliqué par la dernière révélation (même si on la sent venir), Zemo se hisse au rang de Loki en tant qu'antagoniste, un mal insidieux mais qui encore une fois n'est pas totalement en tort (Brühl est fou dans son rôle). Et quel putain de miroir pour Black Panther et les ravages que peuvent impliquer la vengeance. Mais revenons à cette scène d'action finale, comme je l'ai dis plus haut, la façon de filmer évolue tout au long du film. On passe de shots rapides reminiscents du Winter Soldier à ces plans prenant le temps, sublimés par la slow-motion et à forte influence du langage des comic-books. Les Russos ont su donner vie à des planches de BD et je les en remercie.

Je pense qu'il me faudra plusieurs visionnages pour apprécier totalement Civil War. Je peux seulement lui reprocher une énième B.O. sans réelle identité dans l'univers Marvel (excepté Guardians of the Galaxy) et peut-être le fait que la source de ce conflit soit en fait un antagoniste, les querelles du groupe pouvant largement suffire en elle-même. Le fait que ce soit Bucky qui fasse avancer l'histoire ne sera pas du goût de tout le monde, les acteurs sont assez bon pour vendre cette histoire. Le film est convaincant, reposant sur des acteurs solides et un scénario au top. Je n'ai plus aucune crainte quant à Infinity War, aussi dirigé par les frères Russo, la phase 3 part sur de très bonnes bases.

Arnaud.

Room - Unbreakable Joy



Bien que la probabilité que vous vous fassiez enlever et finissiez enfermés pendant une dizaine d’année dans un bunker soit très mince, il existe en revanche une grande probabilité pour que vous vous identifiez aux personnages s’échappant de ces atrocités. Vous pouvez y voir ici une analyse de bas étage mais je pense que cette identification est le résultat d’une ère où nous sommes de plus en plus renfermés sur nous-mêmes. Nous prenons donc ces histoires à cœur car elles nous invitent à briser ses murs qui nous entourent, à remettre les choses en perspective.

Room fait évidemment penser à la série Netflix Unbreakable Kimmy Schmidt sortie un an avant puisqu’abordant les mêmes thèmes. Ce qui est frappant, c’est la similarité dans le propos, à chaque fois nous suivons des victimes qui refusent d’être perçues comme telles. C’est rafraichissant.
7 ans avant le début de notre histoire Old Nick (Sean Bridger) a enlevé Joy (Brie Larson), une fille de 17 ans et la maintient prisonnière dans une cabane. Quand deux ans plus tard, elle a accouché de leur enfant, un enfant du viol donc, les portes sont restées closes.

Nous entamons l’histoire au moment des 5 ans de Jack (Jacob Tremblay) qui sera, plus que Joy, notre guide pour cette histoire. N’ayant jamais quitté « The Room », on va découvrir en même temps que lui ce monde qui l’entoure. En effet sa seule réalité au début est cette pièce, le reste est dans l’espace, l’océan n’existe pas, les chiens n’existent pas. Pourtant Jack n’est pas malheureux, un peu comme un poisson rouge dans un bocal, sa curiosité pour le monde qui l’entoure se limite à la pièce. Des choses aussi communes que des toilettes, une cuillère ou une souris sont autant de sources d’émerveillement pour lui que de choses normales pour nous. De l’autre côté se trouve Joy qui elle est bien consciente de la réalité : la pièce est une prison. Ces deux visions vont s’entrechoquer et parfois entrer en conflit.

Le début du film est avant tout un jeu sur les perceptions. Cette partie m’apparaissait longue mais c’était le temps d’acquérir le même système de compréhension que le personnage de Jack. Une fois que c’est fait, on se rend compte du talent incroyable du jeune acteur capable de nous faire voir son monde à travers ses yeux. Son opposition avec le point de vue de Joy est le fil conducteur du film et leur performance offre une relation mère-fils incroyable ponctuée de moments forts comme l’incompréhension de Joy face à la joie que peut parfois éprouver Jack ou quand la promiscuité de la pièce ne lui offre pas assez d’intimité pour pleurer seule.

Lenny Abrahamson, le réalisateur m’a un peu désorienté au début, la faute à une utilisation intensive de close-ups. Ce que j’ai apprécié en revanche c’est sa retenue face aux évènements, refusant par exemple de montrer les viols de Joy et préférant se concentrer sur le ressenti de Jack. On ressent que la caméra n’est pas utilisée à son plein pouvoir mais c’est sans compter la deuxième partie du film.

(Donc voilà, j’aimerais discuter un peu de cette deuxième partie mais forcément je spoile un peu donc allez voir Room puis revenez)

Consciente que garder Jack coupé du monde plus longtemps pourrait avoir de sérieuses conséquences (il commence à voir Old Nick comme une sorte de dieu, à la fois réel et irréel, encore une fois c’est très bien pensé), Joy prend la décision de tenter une évasion. Un moment assez étrange dans le film, c’est incroyable de tension, on se croirait presque dans un thriller. Brie Larson nous donne le meilleur d’elle-même avec une séquence à fleur de peau. Mais, c’est là qu’on a le droit au pire de la technique de Lenny Abrahamson avec des close-ups et des ralentis beaucoup trop présents et chaotiques.

C’est après cette transition brutale que Room prend toute sa force selon moi, une fois projeté dans le vaste monde. Joy est enfin réuni avec ses parents (Joan Allen et William H. Macy) et essayer de se reconstruire. Jack n’est plus sa lueur d’espoir mais le rappel du trauma qu’elle a vécu. Brie Larson brille dans cette partie, exposant toute sa fragilité, suspendue entre son rôle perdu de fille et ses nouvelles responsabilités de mère. Et encore une fois, de l’autre côté du miroir se trouve Jack qui fait ses premiers pas dans notre monde. Chaque nouvel accomplissement pour lui est un ravissement, je ne cesse de le répéter mais c’est l’une des meilleures performances d’enfant depuis un bon paquet d’années. Autre point fort pour cette deuxième partie, c’est évidemment la caméra qui prend tout son pouvoir dans les grands espaces et délivre un plan de fin d’une sacrée force évocatrice.

Room est un must-see, confirme tout le bien que je pense de Brie Larson et me rend curieux de l’avenir de Jacob Tremblay.

Arnaud.

Deadpool - Le complexe de la Demoiselle en détresse



Bon bah j’ai aimé ce que j’ai vu mais quand même quoi j’m’attendais à mieux. Il y a beaucoup à critiquer mais au moins, Deadpool ne lésine pas sur les efforts fournis. Il y a peu de films qui délivre autant de vannes à la seconde. Certaines ne fonctionnent pas évidemment mais pour la majorité je me suis bien marré. Ce qui est assez intéressant c’est que vous trouverez toujours un moment pendant le film où quelqu’un rigolera, je pense que c’est assez admirable pour être souligné. Après, tout dépendra de votre style d'humour et de vos références. Très clairement, les blagues grivoises, à la longue m'ont plus que saoulé. Mais les blagues méta, quel plaisir!

Ce film ne fonctionnerait pas sans Ryan Reynolds, ce mec s’est vraiment donné à fond pour faire oublier sa version de X-Men Origins. Reynolds est vital pour ce film et parvient à me faire oublier que pour la majorité de celui-ci j’étais face à quelque chose d’assez générique.

Deadpool est divisé en deux, une partie flashback étonnamment plate et la storyline du Deadpool costumé qui est pleine de bonnes idées. Pour qu’un flashback marche, celui-ci doit impacter l’histoire présente d’une certaine manière. Deadpool est juste en train de nous raconter comment il est arrivé d’un point A à un point B. J’aurais apprécié une légère différence entre le Wade pré et post-expérimentations.

Au-delà de ça j’ai adoré le voir tuer des gens et délivrer des références méta mais en tant que personne je ne pouvais pas être moins investi dans son histoire que ça. Wade Wilson est très clairement un connard au début, il vit une histoire d’amour plutôt très plate avec Moneca Baccarin (qui est elle aussi une petite copine très générique) puis vit une histoire de vengeance après ses expérimentations des plus classiques. Ed Skrein et Gina Carano forment un duo de méchants de niveau très bas, les X-Men Colossus et Negasonic Teenage Warhead sont très décevants (la blague sur le fait que la Fox ne pouvait pas se permettre d’en acheter d’autres fait terriblement mouche).

Je suis donc laissé sur le côté avec un dilemme. D’un côté, nous sommes face à une histoire de vengeance qui n’aurait pas pu être plus classique. De l’autre Deadpool en tant que personnage est parfait. Il est tout ce que j’attendais de lui dans une adaptation cinématographique et si la suite voit le jour je pense que Reynolds s’en tirera à merveille. Je veux pas spoiler mais la scène de fin annonce un futur contenu plutôt fun. Et c’est ça que j’attends. Pour une grande partie, ce film donne le sentiment d’être une introduction, une introduction à ce que c’est que Deadpool et je pense que des suites seraient vraiment bénéfiques pour développer ce personnage fou qui détonne dans l’univers des comics.

Arnaud.

The Revenant - Magnifique, brutal, vide

J'étais plus que prêt à atteindre le Nirvana avec cette oeuvre, très clairement dans mes plus grosses attentes 2016.



Qu’en ai-je donc retiré ? Eh bien c’est une déception bien que cela m’en coûte de l’admettre. Au vu de Birdman, le film précédent du réalisateur, il est clair que celui-ci cherche la perfection visuelle mais que cela se fait au détriment de l’histoire et des personnages. The Revenant nous conte l’histoire de Hugh Glass (Leonardo Di Caprio) attaqué par un grizzli, puis laissé pour mort par ses compagnons. Survivant à tout cela, il va parcourir les steppes sauvages pour assouvir sa soif de vengeance.
Après quelques recherches, j’ai vu que le film était en fait une adaptation d’un roman du même nom.

Enfin adaptation… de base, Hugh Glass part dans une quête de vengeance parce qu’il a été abandonné par ses camarades, sans armes, très clairement pour qu’il meure. Le film ajoute le meurtre de son fils dans l’équation. Du pathos très clairement inutile de mon point de vue, tellement cela n’ajoute rien au film, à part des minutes de plus à endurer.

C’est dur de s’attaquer à un film créé par un orfèvre. Arrivez à n’importe quel moment dans le film et vous serez persuadé d’être face à l’un des plus grands chefs d’œuvre du cinéma. Iñárritu et Lubezki façonnent chaque scène avec une précision incroyable, la plupart laissant le spectateur bouche bée, cette utilisation de la lumière naturelle offre un spectacle de tous les instants. MAIS, ces scènes ne portent aucun poids, aucune force émotionnelle. De mon point de vue, une image de cinéma n’est pas simplement composée de l’éclairage et de la composition derrière, il faut que ce plan est un sens dans l’esprit du spectateur pour le marquer durablement. Sans contexte, l’image perd de sa valeur. Et c’est précisément de cette force émotionnelle que manque le métrage. C’est d’autant plus frustrant qu’Iñárritu est l’un des meilleurs réalisateurs au niveau technique de sa génération.

Di Caprio est donc lancé dans sa campagne aux Oscars à coup de grands grognements, cris et grimaces (pour être tout à fait honnête je ne pense pas que ce soit vraiment le cas, quand on regarde sa carrière, Leo est avant tout quelqu’un qui aime se donner des défis, mais bon j’aime faire preuve de mauvaise foi parfois). Jamais il ne capture la folie de Hugh Glass, passant le plus clair du temps du film à errer sans but dans les plaines sauvages avec un air ma foi des plus hébétés. Et très clairement, je me fous des conditions de tournage. Le fait qu’elles aient été horribles ne devraient pas être un argument pour favoriser ou non une performance. À trop chercher l’extrême, on ne croit plus au personnage, on ne ressent ni le froid, ni la douleur qu’il endure (la scène de l’attaque de l’ours par exemple, bien trop longue, devient plutôt hilarante).

De l’autre côté de ce spectacle un peu étouffant, discrètement, Tom Hardy incarne Fitzgerald, le trappeur cruel et égoïste qui tue le fils de Glass et laisse celui-ci pour mort. Hardy est fantastique dans son attitude bourrue et sa rage de survivre contenue. Chaque instant passé avec ce très bon « méchant » est un régal. Tom Hardy n’est pas en train de chasser un Oscar ou de montrer à la face du monde le grand acteur qu’il est, il joue, point, et fait des merveilles.

Pendant une grande partie de son voyage, Hardy est secondée de Will Poulter incarnant Bridger, le plus jeune trappeur ayant survécu à l’attaque des indiens sur le camp des trappeurs. Il est projeté accidentellement dans l’histoire de Glass, devenu complice malgré lui de Fitzgerald. Leur duo est vraiment intéressant, opposant le jeune homme naïf au cruel trappeur. Bridger est éprouvé tout du long, non seulement par Fitzgerald, mais aussi par la violence du monde qui l’entoure. C’est l’un des vrais points forts du film.

Cependant, The Revenant étant avant tout l’histoire de Glass, le duo n’a pas assez de temps pour réellement briller. Le film est trop concentré sur ses effets visuels et pas assez sur ses personnages. Ce qui retient particulièrement mon attention, ce sont ces séquences oniriques qui ponctuent le voyage de Glass. Ces plans en lumière naturelle sont d’une pureté incroyable mais s’insèrent très mal dans le développement du personnage principal. Ceux-ci résument parfaitement mon sentiment face au film, je suis face à du génie brut de l’image qui ne me touche pas.

J’ai un gros problème avec le plan de fin. Lors de mon premier visionnage, il m’a mis en colère, Iñárritu ne nous pense pas capable de comprendre la morale et la fait donc réciter par DiCaprio. Après un second visionnage, c’est plutôt une incompréhension, la séquence n’est pas à sa place dans ce film. Cela dit, c’est avant tout un problème mineur pour moi, qui n’a fait qu’accentuer un peu plus mon sentiment de déception envers le métrage.

Ce qui m’attriste le plus je pense, c’est que je retiendrais plus la musique du film que celui-ci. La B.O. me hante et me transporte dans un autre univers. Seul élément arrivant à m’emmener là où le réalisateur voulait que j’aille avec son œuvre.

Iñárritu a très clairement voulu marquer l’histoire avec ce film. Il l’a fait, remportant l’oscar du meilleur réalisateur pour la deuxième année d’affilée. Le film est phénoménal et très clairement l’une des plus belles claques visuelles de ma vie. Mais à trop chercher la perfection, il m’a laissé sur le côté. Je me retrouve face à un film froid qui ne dégage que trop peu d’émotions.

Arnaud pour un deuxième avis

The Revenant - La Magnificence

The Revenant est une vraie claque cinématographique, de celles qui marquent l'histoire et font entrer dans une autre dimension. On savait Inarritu plutôt radical, il va gagner le titre de capo chef aux vues des conditions de tournage dantesques imposées à l'équipe de tournage. Pour un résultat grandiose, imparfait mais impressionnant. Des acteurs habités, une maitrise terrifiante de la mise en scène. On ne peut pas sortir indemne de la projection.



L'accident bête - Synopsis
Hugh Glass (Léonardo DiCaprio) joue de malchance. Ses collègues trappeurs se font occire par des indiens en furie, la récolte de fourrures est en grande partie perdue et une mère ours belliqueuse manque de lui faire la peau. Très mal en point, il ne peut compter que sur ses collègues survivants pour le ramener entier au lointain camp de base. Mais les conditions atmosphériques dantesques contrecarrent son rapatriement et John Fitzgerald (Tom Hardy) prend la décision de l'abandonner. Ni la météo ni les 300km n'auront raison du caractère de chien de Glass, déterminé à se venger.

Un film en tout point radical
Annoncé comme le futur grand vainqueur des Oscars, The Revenant marque l'emprise d'Inarritu sur le cinéma actuel. Peu de réalisateurs depuis Kubrick n'ont fait montre d'une telle radicalité dans leurs réalisations. L'ombre du grand Kubrick plane sur la carrière du grand Alejandro, car à qui d'autre le comparer? Tourné en milieu polaire, sous des températures locales donc glacées, à des heures où la lumière permet le tournage, The Revenant suit les acteurs crapahuter dans 30cm de neige et crawler dans des rivières gelées. Ce qu'il ne faut pas faire pour gagner une statuette... Le film se déroule loin de tout, en plein territoire hostile, en plein XIXe siècle. Des conditions optimales pour un pique nique. Entre indiens, ours et rudesse du climat, les acteurs autant que l'équipe de tournage ont du bien profiter. J'imagine aisément le preneur de son et le caméraman harnachés dans leurs polaires et greloter en suivant Léo tout nu dans la neige. Un autre monde...

Un Inarritu impérial
La réalisation force le respect; Inarritu ose le plan séquence spectaculaire et nous rappelle l'immense Birdman. Là où Michael Keaton et ses camarades déambulaient dans un théâtre dans un (faux mais génialement monté) éternel plan séquence, Inarritu offre une bataille sans coupe dans l'image. Une sorte de prouesse cinématographique, surtout sous des latitudes quasiment arctiques. Les pérégrinations de Léo sont suivies au plus près, la caméra insiste sur la souffrance physique du héros. Révélant par là même sa détermination à survivre. A sa place, je me serais noyé 10 fois et j'aurais fini bouloté par les loups... Les lumières sont naturelles, les paysages sont grandioses, la nature est reine. Chaque pas dans la neige résonne aux oreilles, l'atmosphère hostile se fait proche du spectateur. Et Inarritu invoque quelques grands réalisateurs...

Un Terrence Malick omniprésent
Excusez du peu, Inarritu rappelle le grand Terrence Malick dans ces scènes sublimes et oniriques où le héros se remémore la joie passée. Caméra quasi collée au personnage, plans à hauteur de visages, nature omniprésente, Inarritu invoque La Ligne Rouge ou A la merveille. Pas une habitude nouvelle chez Inarritu, Biutiful et Babel utilisaient des procédés identiques. Mais l'ajout de plans naturalistes dans la foret canadienne ne laissent pas de doutes. Les deux réalisateurs partagent le même gout de l'authenticité. Pas de dialogues, juste des regards et une musique vibrante. Du grand art contemplatif et profond.

Des acteurs roulés dans la gadoue
Si DiCaprio ne reçoit pas l'Oscar pour son rôle, je le vois bien rentrer dans les ordres et devenir frère Léonardo. Voyez plutôt. Le mec, végétarien dans la vie, mange de la viande crue à l'écran, on le fait dormir dans une carcasse d''animal (parait il réelle), il se traîne dans la neige, il prend un bain dans une rivière gelée, c'est de l'implication totale. Impossible de ne pas lui souhaiter la statuette de tout mon coeur. A côté de lui, les autres acteurs sont super crédibles, à commencer par un Tom Hardy lui aussi impressionnant. Seule remarque, il refait le coup de Bane dans The Dark Knight Rises et on ne comprend pas du tout ce qu'il dit. Il semble mâchouiller sa langue, c'est assez désagréable pour moi, surtout après tant d'années à pratiquer l'anglais! le reste du casting est essentiellement masculin et ça ne rigole pas. Les quelques femmes finissent violées ou décimées. L'homme est un véritable loup pour l'homme...



The Revenant ou Birdman?
Je vais finir par une conclusion très personnelle. Je pourrais revoir Birdman tous les jours, je pense que je reverrai The Revenant à sa sortie mais guère plus. Le premier est-il pour autant meilleur que le second? Birdman est un plaisir de cinéphiles avec ses multiples références et son incomparable rythme. The Revenant est un film plombant, éprouvant. Je ne suis pas sûr de vouloir revivre le calvaire de Léo tous les jours. Les nombreuses longueurs font un peu bailler et l'ambition du film peut fatiguer les cinéphiles amateurs en même temps que la grande violence les âmes sensibles. Voilà, quelques bémols nécessaires. Mais n'oublions pas l'essentiel. The Revenant est un pur moment de cinéma. Rocky enchaîne les pompes sur une main et les entraînements frénétiques, Léo brave les éléments. Les acteurs ne reculent devant aucune souffrance pour un résultat unique.

Valentin Altersitz

Les 8 Salopards - La Haine

The Hateful Eight ne pouvait pas être un titre plus précis. Ce film nous met en présence d’assassins, racistes et sexistes, tous rongés par les conséquences de la Guerre de Sécessions. Jamais un seul ne se montrera héroïque, Tarantino se joue de nous et adopte un point de vue nihiliste à l’extrême. Il est intéressant de noter que bien que se déroulant autours de 1870, ce film résonne particulièrement avec les Etats-Unis d’aujourd’hui. L’Amérique est dans son année la plus meurtrière en terme de fusillades et les crimes raciaux se multiplient. Tarantino délivre un message encore plus férocement que dans Django, les Etats-Unis ne se sont jamais remises du spectre de l’esclavagisme.



J’ai adoré The Hateful Eight, peut-être dans son affiliation à Reservoir Dogs, en effet c’est peut-être le film le plus bavard depuis le premier film du réalisateur. Ils partagent beaucoup dans leur structure, où un épisode « flash-back » viendra combler les vides et donner de nouvelles informations au spectateur.

Il est aussi le prolongement d’Inglorious Basterds et de Django Unchained. Ces deux films trempaient dans des histoires de revanches, donnaient la parole aux délaissés de l’Histoire. Dans Inglorious Basterds des juifs ont pu massacrer Hitler en chair à saucisse, un plaisir que l’Histoire leur avait renié, de même dans Django où la plantation de coton est brûlée sur place, une vraie revanche pour un esclave affranchi. Mais The Hateful Eight est plus acerbe, une réponse à Django, la réalité crûe mise en place dans la tâche la plus sombre de l’histoire de l’Amérique.

Samuel L. Jackson est le Major Marquis Warren, un ancien soldat noir de la Guerre de Sécessions. Il croise le chemin du chasseur de prime John Ruth (Kurt Russell) et sa captive, Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh). On surnomme Ruth ``The Hangman’’ car il amène toujours ses cibles à la potence. Ça ne l’empêche pas plus que ça de les brutaliser à coups de coude dans les dents cela-dit. Mais ne faîtes pas l’erreur de ressentir de l’empathie pour Domergue, elle est au-moins aussi cruelle que tous les personnages qu’on rencontrera, une vipère attendant son heure. Dans leur chemin vers Red Rock, notre trio va prendre en stop le Sheriff Chris Mannix (Walton Goggins), le fils d’un leader d’une armée de renégats sudistes, adoubé par la loi donc. Pris par le blizzard, ils feront halte dans l’auberge de Minnie. Et feront la connaissance d’autres voyageurs, Tim Roth en tant que bourreau de Red Rock, Michael Madsen en cow-boy solitaire, Bruce Dern en ancien général de l’armée confédérée et Damien Bechir en tant que Bob le Mexicain qui tient l’auberge en l’absence de Minnie. Cette auberge va agir comme une cocotte-minute, faisant grimper la tension peu à peu, jusqu’à ce que le sang jaillisse et les cerveaux explosent.

Les têtes d’affiche sont extraordinaires mais Jackson et Leigh volent clairement la vedette aux autres. Kurt Russell est magnifique dans son rôle de misogyne bourru, Walton Goggins est le ressort comique principal du film, Tim Roth a un accent anglais parfait, Michael Madsen retourne tout avec sa voix caverneuse et Damien Bechir est Bob le Mexicain quoi. Mais Jackson et Leigh offrent de vraie révélation (et non des twists), le genre où tout prend un sens. Quand on le voit au début, Samuel L. Jackson semble être notre héros, le seul homme moral. Mais non, il est tout autant rongé par le racisme que les autres, il est seulement du mauvais côté. Il nous apparaît comme appréciable, seulement parce que tous les autres personnages sont de terribles êtres-humains. Jennifer Jason Leigh a elle un rôle de méchante psychopathe comme rarement on en a vu (particulièrement en rôle féminin). La violence qui lui est infligée au début est insupportable mais au fur et à mesure il est clair que Daisy Domergue n'est pas une victime dans cette histoire mais un monstre, un Joker au féminin. Please, faites-lui gagner l'oscar.

Je n’ai pas eu la chance de voir le film en 70mm, et je pense que pour les scènes en extérieur, ça devait valoir sacrément le coup. Mais celui-ci se déroulant en majeur partie en huis-clos je ne pense pas avoir perdu tant que ça. Il fonctionne magnifiquement en tant qu’hommage à The Thing de Carpenter. En s’appropriant son héritage, Tarantino sème les graines de la suspicion dans notre esprit. En clair, on sait que c’est un hommage à The Thing, on va donc passer le reste du film à soupçonner tout le monde d’être infecté par l’Alien… enfin je veux dire, on va soupçonner tout le monde de mentir sur son état actuel. Tarantino a peut-être trouvé une grande force thématique pour son écriture, le parallèle à The Thing n’est pas qu’un simple clin d’œil mais un argument de poids qui renforce thématiquement le film une fois qu’on en a les clés.

The Hateful Eight est un film ultimement cruel – le troisième acte a dû en dégoûter plus d’un. C’est aussi une critique féroce du racisme aux Etats-Unis de nos jours. Je suis ébahi par la justesse du propos de Tarantino quand on voit dans quelle période il place son film. On est à la quintessence de son style et je suis sûr qu’il atteindra une popularité grandissante au fil des années (il bénéficie clairement de plusieurs visionnages à mon humble avis).

Arnaud

Star Wars VII : La Force aurait mieux fait de rester au lit

Donc j'ai finalement vu Star Wars VII : Le Réveil de la Force. C'était pas fou...

Pour replacer les choses dans leur contexte, y avait peu de monde à la séance, c'était en VF,
j'avais des gamins très chiants derrière moi qui faisaient des remarques débiles pendant toute la durée du film, et à la fin de la séance personne n'a applaudi (tout ça a peut-être influencé ma vision du film mais j'en doute).

J'ai plutôt été diverti par ce film et j'avais pas eu l'impression d'avoir passé un mauvais moment sur le coup, mais plus j'y repense (et je le compare avec les précédents), plus le film me semble objectivement mauvais.

"Brûle en enfer", "Hugo, je te hais", ou encore "T'as rien compris au film", m'a-t-on alors dit dans l'oreillette.
Ah bon ? Je vais vous dire ce que j'ai vu et compris (attention je SPOILE) :



/! début du Spoil /!

Pour commencer, ce n'est pas un nanar (à la limite j'aurais préféré mais passons), il y a donc quelques points positifs que j'ai notés et appréciés :

- Les acteurs principaux jouent bien. C'est pas des tueurs bien sûr mais ça vaut largement Mark Hamill dans le IV
- De très beaux effets spéciaux dont mes yeux se souviennent encore, et je parle pas des combats au sabre-laser qui m'ont pas vraiment impressionné (pourtant ils étaient sensés être épiques)
- Des plans sympas et des beaux paysages
- Le caméo de Mark Hamill qui ne ressemble finalement pas à Palpatine.

Maintenant que c'est dit on va passer du côté obscur du film et accrochez-vous bien parce que c'est tout le reste :

Ben quoi ? Eh ben c'est du plagiat Marcel ! Mais non, c'est un hommage...
Alors... On a une planète déserte, un méchant masqué tout en noir (on va en parler d'ailleurs), un rebelle capturé et des plans ultra-importants refilés au premier droïde kawaii qui passait par là qui tombe sur une orpheline paumée qui le sauve de la casse. On s'enfuit avec le Faucon Millenium, Han Solo has joined the game ! On arrive à la base rebelle, mais, saperlipopette ! Les méchants ont une arme secrète qui peut faire sauter des systèmes entiers ! Vite appellons les X-Wings pour faire tout péter.
Enfin bref, je vous la fait pas en entier, ils ont repompé 80% du script au bas mot. Hommage mes couilles...

"On peut dire tout ce qu'on veut du scénario du 7, mais avec toute la hype autour, JJ avait pas trop de marge de manoeuvre. Il était tellement attendu au tournant. " Pardon ??? Je rappelle qu'on a fait péter tout l'univers étendu pour faire de la marge de manoeuvre à ce film (un univers étendu qui faisait mille fois mieux son boulot que ce film d'ailleurs). Même sans ce fait, l'argument est tellement fallacieux de base que je saurais pas choisir de quelle manière y répondre.
C'est sûr que même le scénariste le plus talentueux du monde aurait rien pu faire... Il aurait été obligé de repomper...
Enfin bref, au pire si t'as pas de marge de manoeuvre et que tu peux rien faire d'original, eh ben tu fais rien ! On s'en portera pas plus mal.

Et le mieux, c'est que malgré ça on a un film qui n'est pas totalement cohérent avec l'univers !
Déjà parce que Han Solo se met à parler de la Force comme d'une vieille légende alors que dans le IV il en parle comme d'une religion (et c'est pas le seul d'ailleurs). Et puis depuis quand les sabre-lasers choisissent leur porteur et lui envoient des visions tel Excalibur ? On va dire que y a des champignons halucinogènes qui peuvent se développer dans les vieilles caves... Oh wait ! Il était pas tombé dans le vide dans le V ce sabre-laser d'ailleurs ?
Il aura sans doûte été rattrapé par des hirondelles qui avaient un peu de place dans leur noix de coco...
OK les midichloriens c'était quelque chose, mais là c'est juste nawak. C'est des détails mais ça fait pas plaisir.

Après faut dire c'était pas vraiment Han Solo ce qu'on a vu. Il m'a plutôt fait penser au Harrison Ford qu'on a eu dans le fameux Indiana Jones qui n'existe pas... En pire. Ça marche pas. Pas du tout. J'ai vu un petit vieux qui y croit plus vraiment à qui on a filé 2-3 répliques désabusées histoire de. Pour Carrie Fisher c'est pas mieux. Virez la du film et ça aura rien changé à ce que vous aurez vu. Les retrouvailles entre Han et Leïa sont juste pitoyables.
On prend un des couples les plus mythiques du cinéma, on organise des retrouvailles après perpète et on a quoi ? Du silence.
Et C3-PO qui fait une blague lourde et pas drôle. Sinon dans le genre transparent, on notera Oscar Isaac (énorme acteur d'ailleurs) qui apparaît juste une fois de temps en temps pour faire un sourire de beau gosse
et se casser dare-dare. Max von Sydow, pareil, qui veut juste apparaître dans le film histoire de pouvoir payer ses impôts apparemment puisqu'il mourra direct sans qu'on ait le temps de capter son nom ou qui c'était.

Donc on a fait un calque sur le IV, mais on a remplacé Harrison Ford par l'homme invisible et Alec Guinness par le fantôme d'Harrison Ford... Bref, on y croit tellement pas que j'ai rigolé pendant la scène où Han Solo meurt en tentant de raisonner son fils... (<- le lourd spoil était là oklm. ndlr)

Parce que c'est bien le plus immonde dans ce film que le personnage de Kylo Ren/Ben Solo.
Je vais citer un peu longuement un ami qui restera anonyme (et ça vaut mieux) que je salue bien bas au passage :

"T'as vraiment rien compris, c'est un de ceux qui jouent le mieux, il veut ressembler à tout prix à Darth Vader, et au début on a l'impression qu'il est badass et tout, et en fait quand il enlève son masque tu te rends compte que c'est qu'un gamin qui sait pas quoi faire, il cherche à montrer son pouvoir alors qu'il arrive pas à gérer sa colère, et c'est le principe, pas besoin d'être un cinéphile pour voir qu'il est bien écrit et très bien joué"


Merci, ça j'avais bien compris, sauf que c'est débile mon gars. Quelqu'un lui a dit que Vader c'est le symbole de la rédemption et que si il veut l'imiter ça commence par ne pas s'allier avec la racaille du côté obscur ?
Pourquoi j'en aurai la moindre chose à foutre de la relation entre un doppelganger vieilli d'Han Solo et un gamin mal dans sa peau qui pète sa crise d'ado devant papounet et qui veut pas rentrer à la maison mais qui sent que c'est pas bien quand même d'être méchant ?
Forcément c'est dans ces phases du film qu'on a envie de brûler des petits chatons plutôt que de voir ça.
En quoi c'est du bon jeu d'acteur ? Moi ça me donne envie de vomir.

"Je sais pas quel genre de jeu d'acteur tu cherches" me dit-on. J'ai aussi dans les inclassables
"Si c'est pas clairement manichéen, c'est de la merde ?", Qu'est-ce que vous avez fumé les gars ? Regardez des films, y a des méchants qui valent bien mieux que ça, manichéens ou pas d'ailleurs.
Je sais pas, pourquoi on nous montre même pas comment il a plongé dans le côté obscur d'ailleurs ?
Parce que c'est surtout parce que ça sort du chapeau qu'on y croit pas et que du coup on s'en branle.

Peut-être qu'on en saura plus dans le prochain film bien sûr, ou peut-être qu'il nous referont le V en remplaçant Yoda par Luke et Luke par Rey... D'ailleurs si au passage on pouvait avoir quelques infos géopolitiques ça serait pas mal aussi, parce que voyez-vous, aux dernières nouvelles, la République était de retour, l'univers baignait dans la joie, toussa toussa...
Du coup un simple "Eh ben non" me paraît une justification un peu légère de ce qu'on voit...

Et puis puisqu'il faut en parler, pourquoi les gentils savent direct, sans formation, utiliser la Force et/ou se battre au sabre laser contre ce méchant qui peut arrêter les tirs de blaster par la force ? Les midichloriens ? Mais comme le dit une des seules répliques intelligentes de Han Solo du film : "Ça marche pas comme ça la Force". Même Anakin qui est sensé faire exploser le midichloriomètre a du être formé pour libérer son potentiel. Si je voulais juste une escalade de la
puissance, je me serai maté quelques épisodes de DBZ, là au moins c'est la philosophie du truc.
La Guerre des Étoiles, c'est centré sur un univers, et là, désolé de la question, mais elles sont où les étoiles ???
Les voyages interstellaires sont réduits au minimum, les combats se font en rase-motte (ce qui est parfaitement OK) et de toutes les planètes (magnifiques) qu'on voit, la seule qui est bien présentée, c'est Jakku... Un clone de Tatooine.
Pourquoi on l'a pas appellée Tatooine d'ailleurs ? Je sais pas, ça aurait marché aussi, mieux même sans doute.
C'est un peu le problème de tout le film d'ailleurs. Tout va trop vite, on va de scène d'action en scène d'action avec trop peu de scènes importantes pour le scénario. On a un blockbuster comme les autres en gros. Allez ! Un tantinet meilleur.
On aurait eu le droit au moins d'espérer avoir le droit dans chaque trilogie à un parcours initiatique différent.
Centrer l'intrigue sur la reconstruction d'un nouveau monde et le passage à la nouvelle génération. Montrer que malgré tout, un énorme Empire Intergalactique, ça se détruit pas comme ça et que l'univers est à la recherche d'une nouvelle identité.
N'importe quoi en fait, mais un peu original et/ou intéressant par pitié. Sinon je peux me retaper la trilogie tout seul hein?

Donc on a ellipsé et résumé à l'arrache tout ce qui avait été laissé en suspens à la fin du VI et pouvait être intéressant à développé en mode "Tiens réveille-toi regarde, y a une Étoile de la Mort à détruire !"
Une Étoile de la Mort ?!? Mais Amiral, on leur a déjà fait le coup... Deux fois...
Ouais, mais celle-là junior, au lieu d'être grosse comme ta bite, elle est grosse comme la mienne !
Sérieux ? Même les pires fanfics avaient pas osé...

Voilà ! Cette série que j'adorait a été violée par tous les trous. Jusqu'à quel point ? Jusqu'au Point Godwin.
Je pensais que c'était pas grave et que j'étais prêt à avaler n'importe quelle merde pourvu que ça soit Star Wars, au début ça a été le cas, J'avais même dit à chaud que je trouvais ce SWVII toujours meilleur que le II, le III et peut-être le I. Avec du recul je me rends compte qu'en fait j'avais tort.

J'espère que le VIII saura combler les manques de ce Star Wars VII.
J'aurais bien aimé avoir rien compris au film. Sincérement.
Sinon le IX ça sera par le réalisateur de Jurassic World si j'ai bien compris. Je sens qu'on va bien s'amuser ^^

En tout cas les prochains ça sera sans moi, je vais rester chez moi en position foetale pendant que d'autres contempleront le massacre.

Joyeux Noël à tous ! Et encore GG Abrams !

Hugoo, qui ne croit pas à la Force (à l'humble avis du préz Cin'eirb 2016)

Star Wars VII Le Réveil de la Force - Le poids de l'héritage

Bon la pression du premier visionnage est un peu retombée, du coup une petite critique s'impose. Le début de cette critique se place à 5/10 sur l'échelle du spoil, je discuterai ensuite d'un élément qui pour moi centralise tous les défauts du film et on passera alors à 10/10.

Petit background personnel : mon premier Star Wars au ciné, c'était la Revanche des Sith. J'adore regarder la prélogie (même si à force c'est plus l'idée qu'il y a derrière que j"adore plutôt que les films en soi). Si je devais classer mes Star Wars par ordre de préférence ce serait : 4,5,3,1,2,6 (le fait que je ne porte pas trop le 6 dans mon coeur a son importance pour la suite). Alors quid du 7 ? Eh bien, en tant que plaisir personnel c'est sans doute un 8/10 mais en tant que film je pencherai plutôt sur un 6/10. Nous sommes face à un bon film avec un grand nombre de défauts.



« It's another Death Star » s'exclame un pilote de la Résistance. Mais non mon cher, ce n'est pas l'Etoile Noire mais une planète entière faisant 17 fois sa taille. The Force Awakens laisse le spectateur avec une forte impression de déjà-vu, le film ressemblant étrangement à Un Nouvel Espoir avec des bouts des autres films de la trilogie originale. Je reviendrai après sur cette impression mais pour moi, seule la deuxième partie du film, à partir de l'introduction de Han Solo, a ce défaut. Et si on regarde la filmographie de J.J. Abrams, ce défaut est assez compréhensible, celui-ci a le parcours d'un fanboy. C'est comme s'il était coincé dans le passé, réalisant des adaptations à sa sauce de ses séries d'enfance (Mission Impossible et Star Trek) ou en criant son amour à Spielberg grâce à Super 8, sauf qu'au lieu d'être un gamin qui fait des films amateurs, on est face à une grosse pointure du cinéma actuel. Est-ce si étonnant alors que quand il réalise Star Wars, il décide de rendre hommage pas très subtilement à son opus préféré ?

Si The Force Awakens ressemble à la première trilogie, il lui manque cependant un élément de base assez important : le sens de la découverte. Chaque film de l'ancienne trilogie présentait de nouvelles choses qui rendaient l'univers tellement gigantesque, ici peu d'originalité, juste d'anciens éléments remixés.

La Force de Star Wars VII est ailleurs que dans son histoire, en termes de personnages, le film frappe fort. Je suis tellement impatient de suivre leurs aventures dans les films suivants. Il n'y en a pas un seul qui soit détestable et à la fin j'étais très impliqué émotionnellement pour chacun d'entre eux. Si je dois choisir, je pencherai tout de même vers Kylo Ren qui est vraiment fascinant et le plus surprenant de tous.

Le premier que nous rencontrons est Poe Dameron, le meilleur pilote de la Résistance. Poe c'est un héros courageux et bienfaisant, une boule d'énergie qui brille par sa générosité. Il pourrait bien sûr être caricatural mais c'est sans compter Oscar Isaac et son charisme naturel. Un héros sans complexe à la Starlord.

Il est intéressant de noter que mis à part Poe, tous les personnages sont en quête d'identité. Finn ou FN 2187 est un stormtrooper entraîné pour obéir qui dans son premier combat prend conscience de sa condition et ne peut pas se résoudre à massacrer un village. Dès lors il va tout faire pour fuir le First Order en prétendant être un pilote de la résistance, mais ne fera pas semblant très longtemps. John Boyega est vraiment fun à regarder, comme si on avait projeté un fan dans l'univers de Star Wars. Il est responsable de 70% de l'humour du film. Ce que j'aime par-dessus tout, c'est que comme Poe, avec qui il partage de vrais moments, on est face à la définition la plus pure du héros. Certes Finn cherche avant tout à fuir le First Order mais à chaque mauvaise situation qu'il rencontre, il se sent obligé d'agir, même s'il est sérieusement désavantagé, il veut juste faire ce qu'il y a de mieux.

Il essaye par exemple de toujours sauver Rey, qui entre nous n'a vraiment pas besoin d'être sauvée. Un personnage féminin fort tour à tour pillarde, pilote et combattante. Son explosion en tant que personnage est un peu rapide mais très satisfaisante. Daisy Ridley illumine le film. Rey est très intéressante, incapable d'échapper à son passé, elle attend désespérément ses parents sur Jakku. Au fur et à mesure elle va bien sûr évoluer au contact de BB8 puis Finn et enfin Han Solo. Le moment où elle accepte enfin d'aller vers l'avant est une très grande scène. Beaucoup utilisent le terme de Mary-Sue pour parler de son personnage, je ne suis pas d'accord. Son développement est rapide certes mais se fait bien par étape, il n'y a pas un moment où je me suis dit que les scénaristes abusaient. Donc rapide, oui, illogique, non. Je suis sûr que connaître son taux de midichloriens ça aurait calmé tout le monde de toute façon (prend ça dans ta fanboyitude).
En solo, les personnages marchent très bien mais c'est dans leurs relations qu'ils sont le plus intéressant. Isaac et Boyega partagent de vrais moments quand ils sont ensembles. Quant à Boyega et Ridley, leur relation est tellement bien que lorsqu'ils sont séparés, j'étais vraiment impatient qu'ils se retrouvent. On est peut-être en face d'un trio légèrement meilleur que celui de la première trilogie, enfin wait and see, mais je suis définitivement impatient de les revoir.

Puis vient Kylo Ren.

Le personnage venu de nulle part, à tel point que sa présence dans Star Wars est étrange. Les autres personnages sont déjà cools mais il n'y a pas grand-chose à analyser chez eux. Mais oh mon dieu, Kylo Ren c'est le rêve de tout psychologue je pense. Notre bad guy est d'une profondeur étonnante, j'ai vraiment l'impression que c'est Anakin Skywalker tel qu'il aurait dû être dans la prélogie. On est face à une arme de destruction massive arrivant à arrêter les tirs de blaster et terriblement arrogante. Mais quand on creuse un peu, c'est surtout une bombe à retardement. Kylo Ren n'est pas sûr de lui, complétement tiraillé entre le bien et le mal. Il vénère certes le côté obscur et aimerait être le digne héritier de Vador mais sent l'appel de la lumière. Tout ce conflit résulte en une confrontation qui pour moi est la meilleure scène de tout le film, j'adore son symbolisme.

J'en ai clairement rien eu à foutre du First Order et de son chef en CGI mais Kylo Ren et dans une moindre mesure le général Hux offrent beaucoup de promesses. Tout est dans la voix de Adam Driver qui offre avec ou sans masque une prestation remarquable. Un méchant comme on en a jamais eu dans l'univers Star Wars.

Ren est aussi au centre d'un duel au sabre laser à la toute fin (qui pour moi est pas loin d'être le deuxième meilleur de la série). Il est très bien chorégraphié certes mais c'est surtout toute l'émotion qu'on ressent derrière qui me laisse sans voix. Pour la première fois dans un Star Wars j'étais autant investi pour le méchant que pour le héros. J.J Abrams a définitivement réussi certaines choses que Lucas a ratées auparavant.

Puis viennent les anciens membres du cast. Si c'est toujours un plaisir de les voir interagir entre eux (quelle alchimie entre Han et Leïa), c'est un peu décevant de voir qu'ils n'ont pas beaucoup évolué. Leïa est toujours générale de la Résistance et Han est toujours un contrebandier et on touche ici à un problème majeure dont j'ai peut-être une explication sur sa source.


On plonge dans la zone du spoiler infini, soyez prêts


Ce film est la fusion de deux histoires indépendantes qui n'ont rien à faire ensemble : La recherche de Luke Skywalker par Rey, Poe, Finn et Kylo et l'attaque par Han Solo, Leïa et la Résistance de la base Starkiller commandée par le général Hux. Nos nouveaux protagonistes sont donc dans leur propre histoire et se voient projetés dans une nouvelle qui n'est pas la leur. Et cette histoire est la mort de Han Solo. Le film prend un virage à 180° dès qu'il apparaît. La deuxième partie fait vraiment intruse et pour cause, il y a bien un film où elle devrait être et c'est dans le Retour du Jedi. En termes de personnage ça faisait totalement sens. Han commençait totalement égoïste dans un Nouvel Espoir pour se sacrifier afin de sauver ses amis dans le Retour du Jedi. C'était parfait. En décidant de tuer Han, J.J. Abrams le fait littéralement revivre Star Wars VI, passant la moitié du film à réintroduire le personnage pour qu'on soit totalement investi.

N'interprétez pas mal ce que je dis, Han marche totalement dans le film, Ford a l'air de tellement s'amuser avec son rôle et a de vraies scènes avec Rey et ce final face à Kylo Ren. Han est une figure iconique et mérite cette mort tout aussi iconique. Mais dès qu'on enlève son personnage du film, on se retrouve avec quatre protagonistes et une histoire tellement plus intéressante:

- Rey, qui attend sa famille sur Jakku et découvre un sabre laser lui procurant des visions, dès lors elle est décidée à retrouver son propriétaire, Luke Skywalker, pour obtenir des réponses.
- Poe, pilote de la Résistance en possession d'une carte menant à Skywalker est en mission pour le retrouver et le convaincre de revenir
- Finn, sensible à la Force (?) déserte le First Order après avoir été témoin des exactions de celui-ci. En croisant les chemins de Poe puis Rey, il décide de trouver Luke pour comprendre ses facultés.
- Kylo Ren, apprenti Sith neveu de Luke, ne cherchant qu'à égaler son grand-père Dark Vador. Il fera tout pour trouver Luke et le tuer afin de prouver sa légitimité.

Moi j'aime bien ce pitch, ça donne aux personnages toutes les raisons de travailler ensemble ou de s'affronter. Il me semble que c'est l'histoire à laquelle on aurait dû avoir droit, dont on voit les prémices pendant la première moitié.

J'ai donc eu le droit à deux Star Wars au lieu d'un. D'une part de nouveaux héros/méchants en quête d'identité et d'autre part la mort d'un héros iconique. Star Wars VII ne sait clairement pas où se placer et a du mal à jongler avec son héritage (dans un film où c'est le thème principal, ça fait quand même tâche). Après, je vais pas mentir c'était vraiment fun. J.J. Abrams a pu faire son fan film et installer une nouvelle trilogie et c'est en fait tout ce qu'on lui demandait. Je remercie ce film pour m'avoir fait redécouvrir les Star Wars une nouvelle fois et retomber en enfance.

Rian Johnson a un travail monstrueux pour la suite mais bordel, qu'est-ce que je suis impatient !

Arnaud, qui croit en la Force

Dope : C'est de la bonne

Au cinéma, il y a un sujet qui me passionne particulièrement : le "coming of age". C'est cette période charnière où l'on passe du statut d'enfant à celui d'adulte. Source de traumatismes, de joie, d'espoir et de désillusions, suivre le parcours d'adolescents pendant leur développement, c'est aborder des thématiques tantôt graves (le suicide, la violence, la pression sociale), tantôt légères (perdre sa virginité à tout prix, obtenir son diplôme). On s'identifie facilement à ces personnages. On a partagé, à un certain degré, leur peine, leur joie. Elle est là toute la force du "coming of age", les problématiques soulevées sont intemporelles car quelque soit l'époque, on a tous été adolescents. Je me permets de vous partager mes films préférés sur le sujet : "Dazed and Confused" de Richard Linklater, "Virgin Suicides" de Sofia Coppola et "Le Monde de Charlie" de Stephen Chbosky.



Dope s'inscrit donc dans cette longue tradition. On suit l'histoire de Malcolm (Shameik Moore), geek noir fan de la culture hip-hop des 90's, grandissant dans un quartier pauvre de Los Angeles et rêvant d'intégrer Harvard. Il est accompagné de Diggy (Kiersey Clemons) qui assume fièrement son homosexualité et Jib (Tony Revolori) revendiquant ses 14% d'origines africaines. Malcolm rêve de Nakia (Zöe Kravitz) qui est convoitée par Dom (Rakim Mayers aka ASAP Rocky), le caïd du coin. Divers événements vont mettre en relation ces personnages et mettre à mal leurs futurs.

Je viens de résumer 10% du film, car Dope c'est un mélange de beaucoup d'autres choses. Un "coming of age movie" bien sûr, mais aussi une critique sociale face à des thèmes assez sombres (racisme, drogue, peer pressure, violence des quartiers) et un hommage aux années 90. Le film véhicule une énergie incroyable et on la ressent dès le début, sur les premières notes de "The World Is Yours" de Nas. La B.O., le jeu des acteurs et la réalisation de Rick Famuyiwa transmettent des good vibes tout le long de l'histoire. C'est peut-être un de ses défauts, toute cette générosité rend le film un peu chaotique, on oublie certains personnages, ça va parfois légèrement trop vite et on perd de vue les objectifs. Mais l'ingéniosité des plans, du montage et de la photographie (Rachel Morrison fait un travail monstrueux) ont été un pur plaisir.

Refusant de pleurer sur son sort, porteur d'espoir, le film donne le sourire du début à la fin et c'est peu-être ça son plus grand atout. Se faire une place dans cette année 2015 décidément bien chargée, ça n'était pas aisé et pourtant Dope s'en sort brillamment. Foncez le voir!

La bande annonce qui passe bien : https://www.youtube.com/watch?v=4w152FQCEck

Autres recommandations en lien avec le film :
- Boyz'n The Hood de John Singleton (sur le même thème mais beaucoup plus sombre).
- Me and Earl and the Dying Girl (pas encore sorti en France mais ce teen movie est une bombe, primé au Sundance Festival face à Dope justement).

Et puis vu que le film est baigné de culture hip-hop les albums suivant:
- Good kid, m.A.A.d city de Kendrick Lamar
- Illmatic de Nas
- The Low End Theory de A Tribe Called Quest

Arnaud.

Mad Max Fury Road : Du Sang sur le Sable

Les premières images étaient plus que palpitantes, l'attente insoutenable, moi même qui ne voulait plus entendre parler de Max après son passage dans le Thunderdome je n'ai pu rester insensible. George Miller était de retour, prêt à en découdre une fois encore, prêt à nous montrer que même à 70 piges il était encore là pour nourrir son mythe, pour donner sa leçon, pour faire hurler les moteurs et couler l'hémoglobine.



Immobile, résigné, Max Rockatansky yeux vers le néant, est comme le spectateur ; il se fera aspirer par la singularité mouvante de Fury Road. Car la furie est bien là. Radicale. Nerveuse. Dans son univers post apocalyptique ou l'eau devient le synonyme du pouvoir et de la domination, George Miller décide de réinventer, encore et toujours, sa propre mythologie. Cette fois ci il sera question de la subsistance de la femme, et par extension de l'humanité. Dans un imagerie freak où la difformité devient presque la norme, le sable et le néant l'emportent sur l'environnement, il se joue alors une course poursuite vers l'espoir et la rédemption, un quête démesurée vers un foyer, une virée en enfer tonitruante dans les tempêtes les plus rutilantes.

Car, oui, Mad Max fait part belle aux femmes, à leur survie, dans un monde à l'espoir infime qui voit la naissance perpétrée par la gente féminine dépouillée par la violence et la destruction engendrées par l'homme. Et malgré l'iconisation visuelle de Max, l'homme solitaire et intraitable, il devient une proie, un loup égaré qui se laisse approcher, une marionnette prise en otage, un trophée qu'on attache sur le capot de sa bagnole comme le simple résultat d'une partie de chasse entre amis. Un globulard qui se ronge, un male alpha presque castré, loin de l'image du vagabond invincible que l'on peut avoir de lui, même si ce dernier au cours du film montrera toute sa singularité quant aux enjeux déployés. Toutefois, sans avoir rien à redire sur la prestation, mi animal, mi psychotique, de Tom Hardy, les insertions peu subtiles de flashbacks qui poursuivent son personnage ne sont pas la meilleure idée du film, participant à l'émotion un peu too much du film.

Il n'empêche, que c'est de là, que Mad Max tire toute sa force, son essence, cette façon de phagocyter sa propre légende, de se rire des attentes et de s'amuser des temporalités. De ce monde binaire, où l'homme combat la femme, où la musculature athlétique torture la sensualité féconde, où le monde d'en haut gouverne celui d'en bas, où les esprits faibles s'endoctrinent jusqu'à se tuméfier et se tuer pour une cause futile, la seule issue s'appelle Furiosa. Son look, son ambiguïté existentielle, son rôle de chef militaire aux blessures de guerre palpables, fait de Charlize Theron un personnage inclassable, entre attirance évidente et répulsion malsaine (non sans rappeler une Sigourney Weaver d'Alien). Un personnage, un vrai, celui qui marque au fer rouge. L'anti héros dans toute sa symbolique qui s'entrecroisera avec l'animalité de Max.

Ainsi, Fury Road, empoissonne son univers de toute sa rage, de sa haine, de sa vélocité, et pourrait se retranscrire comme une sorte de western sur roues gonflées à l'adrénaline et au Red Bull. Une oeuvre qui ne baisse jamais sa garde tout en plaçant ses coups avec minutie. Un film ancré dans son temps qui se bat pour une certaine idée du féminisme, la déshumanisation d'une espèce, une protection des ressources naturelles, la réflexion sur l'embrigadement pour une mort salutaire d'une guerre sainte destructrice, mais sans jamais renier son versant cinématographique 80s. C'est un rouleau compresseur, grandiloquent, où les carambolages et les explosions fructifient le rythme technique et narratif du film dont l'errance physique des uns et des autres se supplantent aux fêlures psychologiques d'eux-mêmes. Chaque poursuite, chaque course, chaque coup détient ses propres enjeux et finalités, et s'octroie son propre montage démentiel.

Mad Max, c'est crade, c'est furieux, c'est un cinéma de mouvement, de la fuite en avant. Le rythme est tel qu'il n'est même pas envisageable de poser le pied sur la pédale de frein, tout n'est que vitesse pure. Tout transpire le cinéma, le cinéma d'action dans Fury Road. Derrière l'épure du scénario, qui se retranscrit parfaitement à l'écran, où l'univers se suffit à lui-même pour dévoiler un kaléidoscope de thématique riche, George Miller et toute son équipe mettent en place un véritable tour de force cinématographique avec un foisonnement absolu de détails à l'image. S'inscrit à l'écran un véritable opéra rock dévergondé, un concert de métal aux couleurs monochrome, où chaque plan se superpose dans une maestria hallucinogène improbable, une dissection chirurgicale du combat, une chorégraphie même de l'action qui enchante à de nombreuses reprises, sans lasser ni se répéter grâce une ribambelle d'idées graphique fulgurante.

Furry Road n'est pas un film d'action, ni même LE film d'action. C'est l'action, simple, dure, brute et cruelle.

Constant, pour la Mad Maxturbation

Lost River - Le premier film de Ryan Gosling (avec les Hallucinés)

C'est clairement le film que j'attend depuis plus d'un an!

C'est LE cinéma dont je suis totalement fan: tout en subtilité et en ressenti, tout en grâce et beauté.
Un cinéma non prémâché, sans but précis, qui te touche directement au plus profond sans même passer en surface.
Alors peut être que tu ne trouveras pas un sens à chaque plan, ni à chaque réplique mais l'important c'est l'état dans lequel le film te laissera à la fin.

Conseil avant de commencer: regarder Mulholland Drive ou Blue Velvet de D. Lynch et Drive ou Only God Forgives de N. Winding Refn et encore Only Lovers Left Alive de J. Jarmusch



Le premier film de Ryan Gosling en tant que réalisateur divise les avis. Il faut reconnaître qu'il est difficile d'entrer dans cet univers : on adhère ou non. Mais c'est aussi le cas pour les films de référence de Gosling.
Car Lost River s'inspire fortement des films de David Lynch (notamment Lost Highway ou encore Mulholland Drive) et de Winding Refn (le dernier en date, Only God Forgives). On retrouve aussi une touche de Léos Carax (Avec une scène de parking équivalente à Holy Motors dans Lost River). Et ces films sont, aussi, loin d'être abordables. C'est précisément cet aspect qui les rend uniques et mémorables.
Mais commençons par aborder les limites de Lost River. Le scénario en lui-même souffre de quelques lacunes, et il faut dire que le projet global reste tout de même très (voire trop) influencé par les influences de Gosling, en ce qu'elles sont aisément visibles.
Néanmoins ce premier film reste une excellente surprise. Gosling ne nous livre en aucun cas une pâle copie pseudo lynchéenne.
Dès lors que l'on traverse les portes macabres de Lost River, on se retrouve transporté dans un univers onirique et resplendissant. Gosling choisit de magnifier les ruines et les friches industrielles de sa cité fantastique, baignée par le clair-obscur, de manière à nous en mettre plein les yeux.
En quelques mots, Lost River est une sorte de longue séquence vidéo pop et onirique qui révèle l'audace et la prise de risque de son réalisateur.
Sans oublier la magnifique Bande Originale composée par Johnny Jewel, véritable artisan de la musique Electro Pop.

La Rédaction des Hallucinés



Sinon le Fossoyeur a aussi son mot à dire: https://www.youtube.com/watch?v=SEg0K0p_sQs
Et malheureusement Durendal aussi: https://www.youtube.com/watch?v=u7o5TcKb2aE

Inherent Vice

Pour se mettre dans l'ambiance: https://www.youtube.com/watch?v=G7UjaWeJez4


Écrit et réalisé par Paul Thomas ANDERSON - USA 2014 2h30mn VOSTF - avec Joaquim Phoenix, Reese Witherspoon, Josh Brolin, Owen Wilson, Benicio del Toro, Katherine Waterston, Jena Malone, Maya Rudolph... D'après le roman de Thomas Pynchon.
Du 04/03/15 au 31/03/15 au cinéma Utopia



Vous vous marrez encore des gags de Big Lebowski, le branleur hirsute amateur de bowling des Frères Coen (au fait ça tombe bien, le film ressort en avril) ? Vous aimez les années 70 psychédéliques, ses extravagances vestimentaires et stupéfiantes, sa musique ? Vous aimez les filles en mini-shorts ? Alors vous allez trouver jubilatoires les aventures improbables de Doc Sportello, détective californien franchement fainéant, arborant rouflaquettes, veste informe et chapeau écrasé?

Doc vit au bord du Pacifique, là où les surfers arrivent en combi VW et affrontent les vagues entre deux pétards. Doc s'adonnait à son activité préférée, rêvasser dans son canapé défoncé en sirotant un whisky, quand Shasta Fay Hepwoth, son ex, l'archétype de la femme fatale, vient lui demander de retrouver son amant du moment, un magnat de l'immobilier fantasque, qui a disparu et dont elle croit qu'il a été victime d'un complot ourdi par sa femme et le chéri d'icelle, un garde du corps culturiste. Une histoire sacrément alambiquée dans laquelle Doc n'aurait jamais dû accepter de plonger ? s'il n'avait pas encore un faible pour la belle ?, une histoire qui va l'entraîner dans un salon de massage asiatique peuplé d'entraîneuses lesbiennes, qui va l'amener à affronter la Fraternité Aryenne, une bande de Hell's Angels à croix gammée, ou encore un consortium mystérieux de trafiquants, la Golden Fang, et aussi un dentiste sous cocaïne, sosie d'Austin Powers et amateur de nymphettes? Et en plus il lui faudra se coltiner la pression permanente du lieutenant Christian « Bigfoot » Bjornssen, caricature à coupe en brosse de flic réac, ennemi autoproclamé des droits des prévenus surtout s'ils sont hippies comme Doc Sportello.

On disait inadaptable au cinéma le roman de Thomas Pynchon, écrivain de l'absurde et des dessous sombres mais tragicomiques de l'Amérique? De fait Paul Thomas Anderson n'a pas tenté de rendre limpide le récit, imbrogliesque voire totalement chaotique. Mais si on se perd dans une intrigue policière totalement déglinguée, on s'en fout, tant là n'es pas l'important. Paul Thomas Anderson prend un plaisir follement communicatif à décrire avec gourmandise ce début paradoxal des années 70, entre liberté sexuelle (il y a tout au long du film une galerie de bombes érotiques à faire frémir), consommation excessive de produits illicites, mais aussi effondrement de l'idéal hippie après les meurtres de Charles Manson, la mort d'une spectatrice au concert des Rolling Stones à Altamont et la paranoïa sécuritaire de l'ère Nixon. Tout y est, le décor, les fringues et la remarquable bande son, largement composée de titres de Neil Young.
Inherent Vice est en plus un incroyable festival d'acteurs : le décidément trop fort Joaquim Phoenix, hilarant dans le rôle de Doc Sportello, Benicio del Toro parfait en avocat spécialisé dans l'histoire maritime, Josh Brolin à mourir de rire dans son costume de flic facho frustré toujours prêt à casser du hippie, sans oublier surtout la radieuse Reese Witherspoon, craquante dans le rôle de l'adjointe au procureur, maîtresse de Doc.

Les fâcheux diront sans doute que tout le monde en fait un peu trop, mais c'est justement ce trop qui donne au film sa dimension hors du commun, le place quelque part ailleurs et très haut, entre les Frères Coen, Tarantino et le Terry Gilliam de Las Vegas Parano. Il n' y a pas de mal à se faire plaisir. Love, drugs and rock'n roll, that's the real life.

La rédaction du cinéma Utopia

Birdman



Pour vous mettre dans l'ambiance: https://www.youtube.com/watch?v=NHTMxBf8uLA

Birdman restera dans l'histoire du cinéma. Ca c'est dit.

Réalisateur: Alejandro González Iñárritu

Acteurs: Michael Keaton (Batman)
Emma Stone (The Amazing Spider-Man)
Edward Norton (Fight Club, American History X, Hulk)
Naomi Watts (Mulholland Drive, The Ring)
Zach Galifianakis (Very Bad Trip)

Oscars: Meilleur Film
Meilleur Réalisateur
Meilleur Scénario Original
Meilleur Photographie

3 Jours dans la vie d'un ancien acteur de super-héro Hollywoodien qui monte sa pièce de théâtre sur Broadway. Le concept du film c'est que c'est trois jours sont filmés en un plan séquence de 2h (il n'y a aucune coupe visible). Un exploit de cette qualité est du niveau d'Alfred Hitchcock qui avait réalisé Rope sur la même idée en 1948.

Alors là tu te dis "ça a l'air super chiant son truc: pas d'action, pas de cul!". HYPER MEGA ARCHI FAUX!! En fait Iñárritu dénonce ce besoin de la doublette sexe-violence pour qu'un film marche par la meilleure des méthodes: des scènes d'action incroyables, des effets spéciaux merveilleux et un dynamisme général hyper bien chorégraphié.

Birdman est aussi bourré de références notamment à la vie IRL des acteurs. Michael Keaton a joué Batman en 1989 et 1992 comme son personnage pour Birdman, les références à Fight Club sont à peine voilées (surtout pour la scène de la dernière preview), de même pour Mulholland Drive avec.... Naomi Watts.
C'est donc un film indépendant sur une pièce de théâtre et rempli de super-héros (Batman, Superman, Iron Man, Spider-Man, Transformers, Hulk avec Edward Norton....)!

Comme les plans séquences c'est hyyyyyper chaud à tourner, ils ont compté le nombre de prises par acteur: Galifianakis est le grand vainqueur (étonnamment) avec le moins d'erreurs alors qu'Emma Stone en a commis énormément.

Le film a été tourné relativement rapidement grâce une préparation minutieuse et le montage a été très rapide (avec seulement 16 plans c'est normal aussi) et s'est déroulé principalement dans le plus prestigieux théâtre de Broadway.

La musique est magique: la batterie rythme le film de manière très surprenante.

En conclusion c'est un film ultra original à la réalisation fantastique et une prouesse des acteurs inimaginable. On croirait presque assister à une pièce de Shakespeare... genre... Macbeth (au hasard)...

Une ptite Après-Séance pour finir: https://www.youtube.com/watch?v=iz_eveLN-dw

écrit le 12/03/2015 à 13h37 par valtersitz

Exodus, Gods and Kings



On connaît Ridley Scott et son penchant à revisiter les mythes et les mythologies avec un goût très prononcé pour la reconstitution historique (souvent époustouflante) : Gladiator nous immerge dans l?Empire romain, Kingdom of Heaven nous fait côtoyer les Croisés partis défendre la Terre sainte contre les armées de Saladin, Robin des Bois nous donne à voir la genèse du héros de la forêt de Sherwood et Prometheus explore les origines de l?humanité tout en servant de préquel à la saga Alien. Avec Exodus, Ridley Scott propose sa lecture de l?Ancien Testament, il rouvre le Livre de l?Exode, reprend le film de Cecil B. DeMille, Les 10 commandements, secoue le tout en prenant bien soin d?ajouter tous les éléments permis par le numérique afin d?obtenir un film visuellement très efficace.

Un réalisme ahurissant

La première partie du film concerne le Moïse-général égyptien que l?on suit à la cour de Séthi 1er et sur le champ de bataille. Ridley Scott étale sa science du cadre et de la composition de plans : on s?élève au-dessus du palais, du Nil, de Memphis pour ensuite surplomber la ville en une grandiose plongée. On assiste également à une bataille de l?intérieur grâce à une caméra embarquée sur les chars, au plus près de la mêlée. Le film n?est pas uniquement coloré par l?épopée, il aborde également la question de l?esclavage des Hébreux. L??il se veut compatissant, la luminosité diminue, la fumée et la poussière obscurcissent le plan, la masse grouille, les ordres et les coups de fouet fusent. La dichotomie initiale est placée : il y a d?un côté les Egyptiens qui ont le pouvoir, qui vivent dans le faste et de l?autre les Hébreux qui malgré leur nombre supérieur, triment, vivent dans la misère et sont opprimés.

Puis vient le moment de Moïse-berger qui découvre sa véritable nature : il est Hébreu et donc contraint à l?exil. C?est dans cet exil qu?il rencontre Dieu. Dieu, pour le réalisateur, s?incarne, d?ailleurs, dans le corps d?un petit enfant, colérique et mystérieux. Dans son souci de réalisme, Ridley Scott n?omet pas les principaux détails mentionnés par le Livre de l?Exode. Ainsi, Moïse exilé se retrouve à Madian où il épouse Séphora. Ils vivent leur amour entourés de moutons. Il s?écoule 9 ans de rusticité avant que Dieu ne se manifeste et fasse de Moïse son intermédiaire sur Terre. C?est le fameux épisode du buisson ardent où Dieu, ce petit garçon malicieux et plein de surprise, exhorte Moïse à libérer le peuple hébreu. Le berger abandonne alors sa famille et quitte son dénuement pour rejoindre les siens qui souffrent sous le joug de Ramsès le Grand. Moïse échoue à convaincre Pharaon qu?il menace de terribles fléaux. Ridley Scott s?attache à représenter au mieux les dix plaies d?Egypte. Sur son siège, le spectateur reste ébahi face aux eaux du Nil qui deviennent sang, à la pluie de grêle qui s?abat, à l?invasion de sauterelles et la mort des premier-nés d?Egypte. Le film s?achève sur l?exode dans le désert où Moïse peine à se faire respecter de tous et les 10 commandements qui se gravent dans la pierre sous la dictée de Dieu. Cette volonté réaliste démystifie tous ces événements divins en en faisant de simples intempéries, en proposant des explications naturelles. Ainsi, la traversée de la Mer Rouge où Moïse fend les eaux grâce à son bâton se matérialise par un phénomène de marée.

Une dialectique bien menée

Le film ne sombre ni dans un manichéisme brouillon avec d?un côté les très vilains Egyptiens et de l?autre les braves Hébreux, ni dans une lutte fratricide primaire. Au contraire, la complexité des personnages est au c?ur de ce péplum que l?on pourrait presque qualifier de psychologique tant il nous est donné à voir le tiraillement des personnages, les forces contraires qui les habitent, qui les façonnent et les font avancer. On peut noter, à cet égard, la belle performance de Christian Bale qui incarne Moïse. Sa quête est à la fois personnelle et mystique. C?est en trouvant son identité, en revenant à ses origines qu?il pourra répondre à ses visions, à sa mission émancipatrice. On perçoit une forte ambivalence entre la raison et la foi et ce dès la première scène du film : Moïse est un sceptique. Il semble ensuite ne pas vouloir accepter la mission qui lui incombe, il ne se sent pas Hébreu, il n?est certes plus général mais il a refait sa vie à Madian et se sent épanoui dans sa vie d?homme et de père de famille. Il se met pourtant en route et se mue en l?intermédiaire de Dieu. Son incompréhension quant au bien fondé de sa mission règne. Il a constamment peur d?échouer et ce en dépit de sa position messianique. Il craint de ne pas saisir clairement le message de Dieu, de ne pas lui être fidèle. Il se demande si, parfois, Dieu ne l?a pas abandonné. Mais Moïse n?en est pas moins humain et ce qui l?effraie le plus c?est de se perdre lui-même. Pour sauver son peuple, il doit combattre les siens : ceux avec qui il a grandi, les Egyptiens, il doit également quitter ceux qu?il aime : sa famille et son foyer. Exodus est un film qui se veut relativement lisse, loin de toute polémique dans un contexte où les extrémismes sont de plus en plus prégnants et c?est sans doute là que le bât blesse. Il s?agit avant tout d?un péplum critique qui nous enseigne à craindre la foi déraisonnée, les discours aveugles, extrémistes mais qui, par conséquent, devient presque anachronique (le personnage principal est quand même le premier prophète !). A force d?hésiter, de se questionner sur le bien et le mal de sa mission, entre justicier et richissime général, Moïse apparaît comme un Batman pré-Jésus Christ.

Des thèmes récurrents dans l??uvre de Scott

Le film, par les thèmes abordés, ne brille pas d?un somptueux éclat original. Vous l?aurez compris, par instant, on s?attend à voir surgir Alfred pour aider Christian Bale-Batman-Moïse à se préparer et à mener la révolte contre l?oppresseur égyptien. Puis, à d?autres moments, on imagine que Moïse va rencontrer un autre grand général déchu : Maximus Decimus Meridius-Russell Crowe. Les deux sont les préférés du César et du Pharaon, ils apparaissent plus aptes à régner que les héritiers avec qui ils ont grandi. Mais ils se retrouvent exilé par ce même frère. Ainsi mis au ban de la société, ils partent de rien mais mobilisent tout ce qui est en leur pouvoir (éloquence, science des armes) pour faire trembler les puissants et parvenir au sommet. Il en va pratiquement de même avec Kingdom of Heaven : on suit l?ascension pleine de testostérone d?un jeune forgeron qui gagne du galon en allant combattre en terre sainte. Le contexte religieux doit aussi être étudié car on ne peut pas regarder ce film sans penser aux conflits religieux qui persistent au Moyen-Orient. Le Canard Enchaîné nous apprend d?ailleurs qu?Exodus ne sera pas diffusé dans les pays du Moyen-Orient et du Maghreb. La censure a frappé et brandit des « erreurs historiques » et invoque « une vision sioniste de l?Histoire » pour se justifier. Le ministre de la culture égyptien ne tolère pas que Ridley Scott fasse des Hébreux les bâtisseurs des pyramides. Certes le récit peut paraître inabouti en ce qu?il se limite à une juxtaposition d?événements bibliques, de questionnements intérieurs, le tout s?enchaînant avec monotonie mais il serait injuste de s?en prendre au scénario qui est issue d?une histoire vieille comme le monde. Exodus n?en reste pas moins une totale réussite visuelle. L?Egypte retranscrite correspond à nos attentes et à notre imaginaire commun : édification des pyramides, embaumement, culte aux dieux, pharaon et puissance. Le combat de Moïse contre ce faste n?en est que plus glorieux et son entreprise que plus courageuse.

Jules Pouriel

Kingsman (en collaboration avec les Hallucinés Audencia)



Après les Kick Ass et les nouveaux X-Men, Matthew Vaughn signe le bijou pop de ce début d'année et reste dans l?adaptation de Comics, laquelle lui réussit plutôt bien.

Kingsman, inspiré du Comic Book The Secret Service de Dave Gibbons et Mark Millar (Auteur de Kick Ass justement) est un mélange entre le film d?espionnage à la sauce British genre James Bond et le côté Bad-ass et sanglant propre aux Comics, à la Tarantino.

Même si le scénario présente quelques faiblesses, avec son humour noir et trash, ses plans travaillés et colorés, son côté décalé pop ainsi que ses scènes d'action brillamment réalisées le film remplit haut la main son pari, celui de nous faire passer un bon moment et de bien kiffer.

Kingsman c'est enfin un casting 5 étoiles : Colin Firth, Samuel L. Jackson, Michael Caine, Mark Strong, sans oublier Mark - Luke Skywalker - Hamill.

Cyprien M.

Whisplash



Bonjour à tous,

Bon, le Fossoyeur et InThePanda n'ayant pas parlé de ce film, il faut bien que quelqu'un s'y colle alors !
Mais tout d'abord qu'est ce que Whiplash ?

Qu'est ce que c'est les histoires ?
Alors, commençons par un petit synopsis made in Allociné ! SPOILERS /! (normal, c'est un synopsis ....):
"Andrew Neiman est un jeune batteur de jazz de 19 ans. Il vient d'intégrer le prestigieux Shaffer Conservatory de New York, l'une des meilleures écoles de musique du pays. Aspirant à devenir le nouveau Buddy Rich, il est repéré par le très exigeant Terence Fletcher, enseignant et chef d'orchestre à Shaffer.

Andrew s'entraîne avec acharnement pour accéder aux attentes toujours plus inaccessibles de Fletcher. Sous prétexte de pousser ses élèves au-delà de leurs limites, ce dernier alterne les conseils amicaux et les déchaînements d'injures, n'hésitant pas à aller jusqu'à la violence physique. Fletcher raconte pour se justifier l'histoire de Charlie Parker, le futur « Bird » : alors qu'il était adolescent, il participe à un set avec Jo Jones qui lui lance une cymbale à la tête sous prétexte d'un jeu particulièrement décevant. Parker, dépité, rentre chez lui et s'entraîne pendant un an avant de réapparaître et de devenir l'un des meilleurs musiciens de jazz de l'histoire."

C'est bon, maintenant, on peut commencer à discuter !
La première chose que j'ai à vous dire, c'est : REGARDEZ CE FILM ! Oui, vous qui me lisez, regardez le ! Le film montre la musique avec passion et créativité pour faire partager l'émotion de celle-ci. On ne nous balance pas des musiciens jouant en s'amusant, on veut nous transmettre quelque chose.

La réa :
Damien Chazelle qui signe son second long-métrage, le fait avec brio. C'est simplement, la première fois qu'un film m'a fait autant vibrer sur la musique. Mes jambes n'ont pas arrêté de bouger du début jusqu'à la dernière seconde du film.
La batterie n'est pas un instrument mélodique, cela joue sur le rythme, ce qui est très bien pour un film car cela crée naturellement un rythme pour le film mais c'est aussi beaucoup plus difficile à rendre profond. Mais Damien a trouvé comment faire.
Bon, je crois que vous avez compris, ce film est extrêmement bien réalisé et mérite ces nombreuses critiques positives.

Les acteurs :
Vous vous rappelez du directeur du Daily Bugle dans SpiderMan de Sam Raimi ? Mais si, le mec qui hurlait tout le temps ! C'est lui qui incarne ici aussi le mec qui hurle et avec talent. Sa performance est remarquable et montre parfaitement son talent d'acteur.
Miles Teller, qui joue le personnage principal, nous montre qu'il a l'étoffe d'un grand acteur de par sa prestation.

Le scénar :
Non mais ce film ne peut quand même pas tout avoir, c'est ce que vous vous dites ? Ben si, le scénario colle super bien et la fin est brillante. C'est rare et ça fait du bien de voir des films comme ça.

Bon, vous aurez compris, ce film est bien ! Oui, je ne suis absolument pas objectif et cette critique n'est qu'un ramassis de superlatifs et idées surfaites. Mais déjà, c'est MA critique puis honnêtement, le film est bon, allez le voir.

A+

écrit le 20/02/2015 à 22h07 par mdescos

Interstellar



Si vous n'avez pas encore vu ce film, foncez dans votre cinéma (et j'ai bien dis cinéma, pas hébergeur)! Je vous laisse checker la bande annonce par vous même: https://www.youtube.com/watch?v=aZd-HmEp5Co

Je vais essayer d'organiser cette rubrique par thème parce que j'ai beaucoup de choses à dire:

L'Histoire

Beaucoup de ceux que j'ai pu lire ou entendre font un parallèle avec Gravity. Mais il ne faut pas oublié que Gravity est un drame (qui doit donc être le plus réaliste possible) alors qu'Interstellar est un film de science-fiction avant tout, même s'il se base sur des théories scientifiques. D'ailleurs une énorme partie de la théorie énoncée dans le film est vraie et provient du physicien reconnu Kip Thorne. Ce dernier a supervisé tout le film pour qu'il soit le plus 'réaliste' possible. Pour le reste, le scénar est plutôt cool avec l'apparition surprise d'un acteur bien sympa!
On peut voir plusieurs références à 2001, l'Odysée de l'Espace à travers les danses spatiales et les longs plans. Si 2001 reste la plus grosse inspiration du film, il ne faut pas oublié StarWars, Blade Runner, Metropolis et même les Dents de la Mer (sisi, c'est Nolan qui l'a dit). Faut finalement savoir que le réalisateur projetait l'Etoffe des Héros aux acteurs avant chaque tournage. Dans son ensemble Interstellar s'incère parfaitement dans la filmographie de Nolan.

L'Image

Premier film de Nolan depuis longtemps sans son directeur de la photographie fétiche Wally Pfister (trop occupé à réaliser Transcendance). Malgré ça l'image est superbe! Le petit plus du film: c'est surement l'un des derniers à être filmé en grande partie avec de la pellicule (35 et 70mm pour ceux qui s'y connaissent). Les effets spéciaux sont excellents et quand il s'agit d'illustrer les différents astres du film ils collent au plus près de la modélisation scientifique. Même Kip Thorne a utilisé ces modélisations pour parfaire sa théorie!

La Musique

Musique dingue une nouvelle fois grâce à Hans Zimmer (la Trilogie The Dark Knight, Pirates des Caraïbes, Le Roi Lion) qui accompagne majestueusement les scènes spatiales! Surtout que cette fois Nolan a demandé à Zimmer de composer la musique sans lui donner le script du film: seule une feuille d'annotation décrivant les attentes de Nolan.

Les Acteurs

Matthew McConaughey (Mud, Killer Joe, Magic Mike, Dallas Buyer Club) encore une fois au sommet et encore avec le même accent Texans que dans la série TV True Detectives! Il a le bonheur d'être accompagné par Jessica Chastain (Zero Dark Thirty, The Tree of Life, Take Shelter) et Anne Hathaway (les Misérables, TDKR), parfaites dans ce film (même si je ne suis pas très objectif...). Michael Caine, acteur fétiche de Nolan est encore une fois là pour assurer les rôles secondaires.

Finalement, foncez dans votre cinéma (je ne le répèterai pas assez)! Vous n'aurez jamais la qualité visuelle et sonore suffisante pour profiter de ce film comme il se doit!
Nolan <3

Fury

Voici le grand retour des chroniques!



Pour faire un pitch très rapide, c'est l'histoire de Fury le tank de Don (Brad Pitt) et ses potes durant la Seconde Guerre Mondiale lors d'une percée en territoire Nazi. C'est aussi l'occasion pour le petit nouveau de la team Fury, Norman (joué par Logan Lerman connu pour son rôle de Percy Jackson) de faire son initiation de soldat.

La Bande Annonce: https://www.youtube.com/watch?v=PJTkKIxNJAg

Dans son ensemble c'est une bonne surprise! Le réalisateur David Ayer continu sur sa lancée de films aux points de vue originaux (il avait réalisé End of Watch et Fast&Furious encore avant). Pourquoi est-ce un film original? Parce qu'en plus des scènes d'action qui envoient du pâté, Ayer plonge à l'intérieur du tank: on est témoin de l'oppression de la guerre, des longs moments d'attente entre les combats, des moments de doutes.... Et ça faisait longtemps qu'on avait pas vu ça dans un film de guerre.
La musique apporte une valeur ajoutée de qualité (d'après mes souvenirs, un peu lointains à l'heure où j'écris ces lignes).

Gros travail aussi sur le réalisme: le tank et toutes les armes viennent de musées, les acteurs ont subis un entrainement de mise en situation, Shia Labeouf (Transformers, Des Hommes sans Loi) a aussi donné de sa personne en se scarifiant et en s'arrachant lui même plusieurs dents.

Bon jeu d'acteurs aussi: Brad Pitt, toujours excellent, Shia Labeouf qui pour une fois n'est pas exubérant, Logan Lerman (aka Percy Jackson) tient son rôle comme il faut, bien aidé par Michael Peña (habitué aux seconds rôles, Shooter et End of Watch par exemple) et Jon Bernthal (Walking Dead).

Il y a aussi du moins bon: le scénario reste Hollywoodien, pas de surprise donc, mais le réalisation n'en reste pas moins intéressante.
Un choix a était fait d'illustrer les boulets de canon tirés par des faisceaux lumineux.... Même si ce choix est expliqué dans le film, on a quand même l'impression de voir les pisto-laser d'un Star Wars ...
Enfin, la place de la religion est très importante dans le film, peut être même trop à la fin et rappelle l'affaire After Earth (une affaire de scientologie trop présente...). Il faut aussi savoir que Shia LaBeouf s'est converti pendant le film et "not in a f***ing bullsh*t way" par l'influence du réalisateur.

En bref, un bon film malgré 2-3 défauts.
On peut remercier la production executive de Brad Pitt pour ça!

Valentin

écrit le 06/11/2014 à 11h46 par valtersitz

Moi, moche et méchant 2

Pour cette suite de Moi, Moche et méchant (Despicable Me), notre super-méchant-gentil Gru revient, prêt à aider -de part son expérience de méchant- une grosse société luttant contre le Mal à l'échelle planétaire.



Les Minions font également leur retour marquant, toujours aussi hilarants, débordants d'humour avec un côté lapin-crétin que j'adore ! Mais on ne peut pas en dire autant du retour des filles adoptives de Gru qui, pour cette suite du film, ne servent pas à grand chose... Pour rappel, elles étaient le centre d'intérêt du premier film.

Nouveauté pour ce 2e opus, une romance, trop gnan-gnan à mon goût, qui sert à meubler un peu ce film car pour ma part, j'ai trouvé le scénario un peu brouillon, même si les grandes lignes étaient prévisibles (un peu trop même) !

Côté visuel, le film est bien réalisé et les Minions sont toujours aussi craquants...
Bref, avis mitigé même si j'ai dû plus détailler les aspects négatifs, le film reste une bouffée d'air et ça passe relativement vite avec quelques fous rires !

Note : 3.7/5

écrit le 19/10/2013 à 22h47 par chuynh

Gatsby le Magnifique



Il est devenu, à présent, courant que je réserve une critique aux réalisateurs qui, selon moi, font chaque année, battre le coeur du cinéma international afin de propulser du rêve et de l'éblouissement dans les veines de ceux qui sauront l'apprécier.
Il est des cinéastes pour qui le cinéma ne se borne plus simplement à une affaire de divertissement mais une symphonie sur laquelle ils jouent de la poésie et du spectacle comme le feraient des artistes de cirque. Baz Luhrmann est de ce petit monde ?
Contrairement à ce que vous pourriez penser, il ne m'aura pas fallu une éternité avant de clamer que l?australien manie l'élégance comme le virtuose dispose de son instrument.
A la manière de Roméo + Juliette ou Moulin Rouge, Gatsby Le Magnifique illumine une histoire d'amour dans une époque flamboyante où tout lieu ne demande qu'à devenir tableau de maître. Ici, l'exercice est d'autant plus facile pour le réalisateur car les années 20, période de splendeur et décadence d'après-prohibition, lui autorise un spectacle des couleurs et des sentiments d'une beauté éclatante. La mise en scène est d'un dynamisme entraînant et d'une justesse incroyable, la musique hip-hop/ jazzy de Jay-Z (un bon mot pour un contemporain maestro) offre à cette ambiance vintage, une sonorité « new age » très percutante.
On se doit également de rajouter à la toile, la présence d'acteurs aussi pétillants les uns que les autres (même si il est inutile de rappeler l'immense talent de Leonardo DiCaprio, il convient, particulièrement, de saluer la performance de Tobey Maguire qui parvient à se défaire du costume de super-héros qui lui colle trop souvent à la peau, et à revêtir celui d'un acteur multi genres qui a, décidément, encore beaucoup de choses à révéler), des décors et costumes offrant des prises de vues magnifiques sur les modes et coutumes en passant par les rues du New York d'entre-deux-guerres.
Un bémol sera néanmoins émis sur certaines scènes qui trainent quelque peu en longueur même si cela, au bout du compte, de nuire en rien à la qualité de la performance.
Mais voila que mon envie irrépressible du moment de détailler d'avantage me titille quand je me rends compte qu'il est temps pour moi de clore cette chronique tant la suite pourrait me faire passer pour fou, voire plus encore ? Ainsi, il ne me reste plus qu'a vous saluer et vous remercier pour votre lecture.
Pour cette oeuvre picturocinématographique (et un mot de plus dans le dictionnaire Word !) splendide, j'attribue un 4,5/5 et encourage tous ceux qui auraient déjà vu (ou non) un « Baz Luhrmann » (plus particulièrement Roméo + Juliette qui reste pour moi son oeuvre majeure) et l'auraient apprécié, à savourer celui-ci telle une flûte d'un excellent champagne. Avec une soif de curiosité suivie d'un véritable plaisir des sens.
Merci et vive le cinéma !

écrit le 10/09/2013 à 23h19 par lverfaillie

The Place Beyond The Pines

En raison de la panne de serveur ayant sévi pendant plusieurs mois et d'une certaine passivité d'internaute, je vous propose deux chroniques que j'avais rédigé. Malgré le fait que les films ne soient plus en salle, il m'a semblé néanmoins judicieux de vous faire partager mon avis sur eux. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur...

The Place Beyond The Pines , Chronique rédigée le 24 mars 2013



"Au delà des pins, se cache la noirceur des souvenirs"
Cette phrase colle si bien à la trame de la nouvelle oeuvre de Derek Cianfrance qu'elle pourrait en être l'accroche. En effet, le réalisateur utilise cette forêt profonde comme un filet qui retient le poids des erreurs commises, de la culpabilité et de la vengeance. Elle abrite une petite ville de l'état de New York où les destins de deux hommes (familles) viennent s'entrechoquer avec violence.
Un cascadeur paumé, revient dans la ville où il a connu une femme, le temps d'une aventure, il y a un an. Celui-ci apprend qu'il est père d'un petit garçon et va sombrer dans la criminalité afin d'offrir une vie à cet enfant qui représente à présent tout ce qui lui reste. Mais son parcours va croiser celui d'un bleu de la police locale et cette rencontre va alors bouleverser l'ordre établi.
En prenant comme cadre, la monotonie et le gris sans histoire d'une ville de l'Amérique profonde, Cianfrance révèle avec brio, les douleurs du secret et la blessure de l'homme face à la grande difficulté de son devoir. L'épaisse muraille forestière, calme et oppressante, semble être le personnage principal tant elle tranche chacun des trois actes du récit et distille si bien cette atmosphère anxiogène qui entoure chacun des protagonistes.
Dans cette prison de l'âme évolue des acteurs totalement en prise avec les fissures de leurs protagonistes. Ryan Gosling nous offre une nouvelle fois depuis Drive une interprétation tout en retenu du solitaire ténébreux en prise avec ses démons, qui se découvre un amour paternel.
Dans un autre registre, Bradley Cooper confirme son grand talent en proposant un policier plein de valeurs qui se retrouve rongé par le remords de ses actes.
Ce long-métrage magistralement exécuté ne laisse pas le spectateur insensible et lui offre une leçon de vie sur les dérives et les erreurs d'une existence qui ne sont pas sans conséquences. Même si celles-ci restent bien à l'abri des regards, au fond derrière les arbres.
Ma note pour ce film: 4 / 5
Merci de votre lecture, à bientôt et vive le cinéma!

écrit le 10/09/2013 à 23h17 par lverfaillie

Elysium



Rejoignant un peu le style d'Oblivion, Elysium raconte l'histoire d'un homme qui bouleverse la société dans laquelle il vit. En 2154, le monde est divisé en deux catégories. Les riches d'un côté, vivant sur Elysium (une station spatiale avec son atmosphère propre), et le reste vivant sur la Terre, qui est apparemment devenue une gigantesque favela. Max (joué par Matt Damon, qu'on n'a plus besoin de présenter) est un ouvrier presque banal. Malheureusement il subit un jour un accident de travail lui réduisant son espérance de vie à cinq pauvres jours.
N'ayant plus grand chose à perdre, et sachant que le seul moyen d'être sauvé est de se rendre sur Elysium, Max n'hésite pas longtemps avant d'accepter une mission tout autant dangereuse que salvatrice, et ce pour de nombreuses personnes (bien qu'il ne le sache pas encore).
On ne peut pas dire grand chose de mal sur le style du film; il est tout à fait bien réalisé. L'histoire peut cependant paraître en avoir copié quelques autres. Mais on peut pas trop leur en vouloir, c'est dur de faire du neuf avec la quantité de films tournés sur ce sujet. Pour ne pas trop spoiler je ne dirais pas quels éléments me pousse à dire ça, mais cela me fait penser notamment à Armageddon, à Oblivion comme je l'avais dit précédemment, et enfin au jeu vidéo Deus Ex: Human Revolution. Si vous aimez l'un ou l'autre de ces films/jeu vidéo, il est probable que le film vous plaise.
On peut raisonnablement lui attribuer la note de 3.5/5

écrit le 02/09/2013 à 14h22 par afalco

Insaisissables



Insaisissables (Now You See Me, en VO), c'est avant tout un film sur la magie. C'est aussi le film où les héros finissent par être l'ennemi n°1. On pourrait y voir un mix entre Le Prestige et Las Vegas 21, mais principalement le Prestige.
Mis à part le fait que la bande annonce spoil en fait les 3/4 du film, on peut probablement dire que ce film surprend. Plusieurs rebondissements permettent au spectateur de ne pas trop s'ennuyer devant leur écran. Contrairement à la première impression que vous pourriez avoir, il n'y a presque rien de magique dans le film. Il s'agit bien de tours de magie, qui sont d'ailleurs expliqués au fur et à mesure. D'un côté, cela désenchante l'histoire, mais d'un autre, cela fournit un côté satisfaisant lorsque vous avez percé le secret du tour avant tout le monde. C'est l'occasion de donner un coup de coude dans les côtes de votre voisin, en murmurant "J'avais deviné" (malgré le caractère plutôt énervant de la chose quand on est le voisin en question).
Concernant le casting, il est plutôt fourni, avec notamment le personnel de Batman (Morgan Freeman & Michael Caine), Jesse Eisenberg (Zombieland, The Social Network), Woody Harrelson (Zombieland (notez que certains acteurs se connaissaient donc bien avant), Hunger Games) et aussi des acteurs français ! Et il y a d'ailleurs des blagues un peu lourdes envers la France, pays qui sera présent jusqu'au dénouement.
Beaucoup d'effets spéciaux, mais une histoire au final pas si impressionnante que ça. On attendait peut-être un dernier coup magistral. M'enfin.

Note: 3/5

écrit le 11/08/2013 à 23h37 par afalco

Skyfall



Il y a toujours eu un certain engouement du public à la sortie d'un nouveau James Bond. On aurait pu avoir des doutes quant à Skyfall, lorsqu'on voit ce qui s'était passé pour Quantum of Solace. Ce dernier avait en large majorité déçu les fans (et il y avait de quoi).

Cependant Skyfall redore le blason de la série en bonne et due forme. Par quoi commencer ? Par le thème envoûtant écrit par Adèle, par les clins d'oeil aux précédents films, ou bien encore par l'histoire épique qui y est contée ?
Le film cumule les bons points et ne décevra que les plus conservateurs (quoique !).
Pour ceux qui ont vu et revu tous les James Bond, il y a de quoi sourire.
Au final, on peut dire que c'est un retour aux sources plus qu'une suite (en essayant de ne pas vous spoiler... Vous comprendrez quand vous aurez vu le film).

Il est à préciser que le film a ses faiblesses aussi. Un scénario peut-être trop exagéré et un méchant pas assez charismatique (mais c'est subjectif).

C'est donc un film à, bien sûr, aller voir et de préférence sur grand écran !!

Ma note: 4.5/5

par afalco le 30/11/2012

Looper



Bruce Willis revient encore et toujours pour un film pour le moins particulier. Notons tout d'abord que le rôle principal revient à Joseph Gordon-Levitt (Inception, The Dark Knight Rises), qui enchaîne décidément les bons films.

Le film prend place en 2044. On découvre un monde plus ou moins anarchique, ou la débauche est vie courante. Le début du film s'emploie tout d'abord à nous plonger dans une vision pessimiste de notre avenir.
En 2074, la machine à remonter le temps a été inventée, mais son usage est restreint. Seule la mafia l'exploite, et à des fins pas très nettes.
Ce qui nous amène à Joe (Joseph Gordon-Levitt), notre héros ! Ce qu'il fait dans la vie, lui, c'est tuer des gens sans demander d'où ils viennent et ce qu'ils ont fait, puis de faire disparaître les corps. Pour l'instant, ça paraît plutôt banal comme boulot... Ce qui change tant, c'est que les condamnés viennent du futur. Voyez-vous, en 2074, il est dur de faire disparaître un corps, car la technologie est telle qu'on peut tracer n'importe qui n'importe où et sous n'importe quelle forme (apparemment même réduit en cendres...) ! Donc, Joe est un "looper" comme on les appelle. Le problème de ce boulot, c'est qu'un looper est amené un jour ou l'autre à devoir se tuer soi-même, ou plutôt son "soi" du futur. Un mec qui fait régner la terreur en 2074 a décidé d'éliminer tous les loopers, et les envoient à eux-même 30 ans plus tôt.
Si bien que Joe va être amené à devoir tuer son soi du futur (Bruce Willis). C'est ballot !

S'ensuit une torture de l'esprit sur des considérations métaphysiques à propos du voyage dans le temps ainsi qu'une bonne dose d'action propre à Bruce Willis.

Bref, c'est probablement un des films de 2012 à voir. C'est le genre de films qui vous tient éveillé (à moins de pas avoir dormi depuis trois jours) et qui vous lance ensuite dans un débat passionné sur des "et si... ?"

Note: 4/5 (en se basant sur la notation d'allociné, qui a un peu sous-noté le film je trouve)

Par afalco